D'après des documents des « Amis de l'histoire de Sartrouville »



La rue de St Germain

Que de changements depuis le début du 20ème siècle où la rue de St Germain, partant de la place Nationale, débouchait route de Paris, le «Bout de Ville» où y circulait le tramway 62, allant de la porte Maillot à Maisons Laffitte. Nous avons vu la disparition de la «Maison des Champs» de Mr Turgot, durant les bombardements de 1944, qui était devenue la mairie de Sartrouville de 1880 à 1924, et sur l'emplacement de laquelle a été construite l'école Turgot. Le château de Mr Dufresnay, notable de Sartrouville et maire au 19ème siècle est devenu le cours privé de l’Hermitage, du Parc du Château.
Mais plus personne ne se souvient que, jusque dans les années 1950, il y existait une cinquantaine de commerces et d'artisans. La rue de St germain, devenue rue de Stalingrad en 1946, a évolué au cours du 20ème siècle. Le développement du quartier autour de la gare a vu petit à petit la disparition de certains commerces. Mais dans notre mémoire sont encore présentes les années 1970, avec sa quarantaine de magasins et activités commerciales diverses.
Les ménagères pouvaient facilement y faire toutes leurs emplettes dans les 3 boucheries, les 2 charcuteries, la crèmerie et ses diverses épiceries et déposer leurs vêtements à la teinturerie ou acheter le journal dans les 2 librairies. N'oublions pas la poissonnerie très appréciée et qui manque tant désormais à Sartrouville, le bazar où l'on trouvait tout pour bricoler, ainsi que le marchand de meubles, anciennement « Café de Paris » lieu des noces et banquets ; et l'horloger qui savait si bien réparer les vieilles pendules. De nombreuses activités commerciales comme un garage, une entreprise de peinture ou encore une menuiserie et un plombier rendaient vivant le quartier. Pour la distraction, nous avions le cinéma « le Floréal » devenu Siatherm, des bars et la crêperie.
A l'angle de la route de Paris, devenue avenue Maurice Berteaux, nous avions la belle maison de l'étude de Me Praquin, le notaire.
Cela devait être une autre atmosphère et un autre cadre de vie ! Certains s'en souviennent encore !


La rue de l'Eglise et la rue du Tour

Ce sont peut-être les plus vieilles rues de Sartrouville. Le village s’étant développé dès son origine au pied de la butte de l’église.


La rue de l’Église était la voie de convergence des sartrouvillois par excellence pendant des siècles, puisque toute la vie communale et paroissiale y était traitée. Notre belle et vieille Église St Martin vient d’avoir 1000 ans.


Cette rue était autrefois bordée de maisons vigneronnes aux grands porches fermés par des portes à double battant permettant aux attelages de rentrer dans les cours pavées au fond desquelles se trouvaient les bâtiments agricoles – Les caves voûtées étaient nombreuses et on y entreposait les tonneaux du vin de l’année - Le général Demont y naquit au numéro 46.


Mais là, il nous faut maintenant beaucoup d’imagination pour penser ce que fut cette rue dans le passé.


La rue principale du Vieux Cormeilles qui monte à l’église est encore tout à fait semblable à ce qu’était la rue de l’Église autrefois.


La rue du Tour qui fait le tour de la butte de l’Église, est visible sur une carte de 1764.


St Vincent de Paul vint à Sartrouville vers 1630/33 et y fit établir la première maison de charité pour aider les pauvres et les malades. C’est en 1728 que grâce à un don fait par un sieur Mallard que deux sœurs de la Charité s’installèrent dans une petite maison de la rue du Tour pour y faire l’école aux petites filles et venir en aide aux malheureux.



Le quartier Du Fresnay

Sur les bords de Seine, une belle grille monumentale, ouvre sur l'avenue du Château ; elle semble nous inviter à visiter le quartier du Fresnay, en fait elle marquait autrefois l'entrée d'une propriété acquise par Mr Dufresnay en 1755.
Cette propriété était délimitée presque naturellement par l'avenue de St Germain (rue de Stalingrad), la ruelle du Pont, le chemin de halage (quai de Seine) et l'ancienne ruelle du Tourniquet, entre la rue de St Germain et le chemin de halage, elle est encore visible rue de l'ancienne mairie.
Les Dufresnay appartenaient à une très ancienne petite noblesse de robe de Bretagne et partageaient leur temps entre Paris où leurs charges les appelaient et notre cité. Ils prirent une part importante dans la vie communale. Charles Guy Dufresnay fils fut le 1er commandant de la Garde Nationale à Sartrouville en 1790. Il fut Maire de notre ville (1804-1810) et y mourut en 1832. Le fils de ce dernier fut également Maire de Sartrouville (1856-1863).

Le parc fut loti en 1925. La demeure devint en 1926 le cours privé de l'Ermitage, jusqu'en 1940. Réquisitionné durant la guerre de 40, l'établissement fut acheté par Mr & Mme Tassin pour devenir le Cours du Parc. En 1988, le Cours du Parc changea de direction et devint le Cours du Château que nous connaissons actuellement.
L'aspect de la vielle demeure des Dufresnay bien que modifiée depuis la Révolution garde une façade sur cour sans trop de changement, sa tourelle étant toujours là. Par contre la superbe porte, à deux battants, sculptée a été remplacée par un mur rue de Stalingrad.



La rue Bordin

 Le nom est donné à cette rue en mémoire de Charles Bordin, plus précisément en hommage à sa femme, bienfaitrice de la commune.
Charles Bordin 1761-1837- Notaire honoraire à Paris, est décédé à Sartrouville dans sa maison de campagne, l'ancienne propriété Turgot, le 23 Mai 1837. Sa veuve, Suzanne Masson, fit don à la commune en 1844 d'une première école pour les garçons, située rue St Martin. Cette école perdura jusqu'en 1879, date à laquelle elle s'installa dans des locaux situés derrière la maison Turgot, rue Bordin ; ceci constituera le premier groupe Turgot. L'école de la rue St Martin devint l'école Sévigné, pour les filles.
Elle fit don également des fonds nécessaires à la construction de l'escalier menant à l'église, dit des « 69 marches ». Elle décéda à Sartrouville le 8 Décembre 1848. Sa demeure fut acquise par la commune en 1880 et devint notre 3ème mairie. Cette demeure, sise rue de St Germain (rue de Stalingrad) a disparu lors des bombardements de 1944. Le nouveau Groupe Scolaire Turgot fut construit sur son emplacement.
Une voie est ouverte entre la rue de St Germain et le quai de Seine, suite à une DM (projet) du 20 Décembre 1874, cette rue Bordin fut vraisemblablement ouverte en 1878/79 pour permettre un accès facile à la berge et à la demande entre autres de M. Lefèvre, pour l'accès à son bateau lavoir. En 1905, son élargissement à son débouché, avenue de St Germain fut demandé par MM. Blondeau et Deschamps.
Avant cette date, les seules voies faisant communiquer le Vieux Pays, la rue de St Germain (rue de Stalingrad) avec la Seine, étaient la rue de Seine et les ruelles du Tourniquet et du Pont.